Alchimiste 

de l'Imaginal



Quelques jalons sur les chemins de mon aventure picturale


… Pour la petite histoire….


C’est à Paris, en 1962, que je suis né, Paris qui reste pour moi une ville de coeur.

 

C’est là que j’obtiens un diplôme en Arts et Industries Graphiques (Ecole Maximilien Vox)  en 1981 et, pour autant, je me considère surtout comme autodidacte

En fait, mon aventure picturale a débuté dès ma plus tendre enfance. Mais c’est à la sortie de l’école d’Arts et d'industries Graphiques que j’ai véritablement poussé mon exploration plus avant dans différentes techniques correspondant mieux à ma sensibilité, telles le pastel sec, gras, l’encre, l’aquarelle et la gouache. 

Bien vite, je mêle ces médiums et réalise des œuvres sur papier, agrémentées parfois de collages. Les sujets semi-figuratifs évoquaient les cultures dont je m’inspirais au gré de mes nombreux voyages. 

En 1993, soutenu et poussé par l'artiste Jacques Tissinier, que j'ai eu la chance  de connaitre, je commence mes premières expositions. Je suis vite reconnu par des professionnels de l’art, ce qui me permet d’exposer dans différents lieux à Paris. Au regard de ce succès naissant, je collabore avec une  Agent d’artistes, qui me soutient dans mon travail et envisage de me faire reconnaitre plus largement, notamment à l’étranger, et ce, entre autre, à travers divers évènements artistiques ;

Pendant toute cette période, la figure féminine, le nu, la danse contemporaine, le jazz et les cultures du monde,  feront partie de mon univers et vont m’inspirer. J’assiste régulièrement à des concerts et spectacles. Je suis également invité aux nombreuses répétitions d’une jeune compagnie de danse que je suis de près dans sa recherche chorégraphique. Témoin de cette expressivité musicale et chorégraphique, je parviens à traduire dans mon expression graphique, à la fois la tension, la jubilation, voire l’extase de ces musiciens ou de ces danseurs en quête d’équilibre et de liberté. 

Les rythmes dont je suis le témoin imprègnent mon geste qui devient une sorte de jaillissement spontané : mon expression détient alors une grande vitalité tant sur le plan des couleurs que des contrastes, ce tout produisant des signes qui évoquent une calligraphie spontanée.

Mon « style » est, à cette période, classé par des observateurs avisés comme « expressionniste » !
 

C’est en 1996, que j’emprunte de nouveaux chemins qui vont m’emmener vers la pratique de l’huile et de l’abstraction… Dernière année d’exploration picturale pour moi, puisque depuis 1994 déjà, je m’investis pleinement dans d’autres formes d’expression comme le théâtre, le conte, la danse et le clown…. 

Ce qui va me faire interrompre la peinture pendant près de 9 ans !



En 2006, un appel profond à reprendre la peinture se fait sentir en moi, c’est à ce moment que j’ose faire le saut dans l’abstraction.

J’explore consciencieusement les techniques de la peinture à l’huile, et m’inspire des œuvres de celles et ceux que je considère comme « mes maîtres », tels que Turner, Bonnard, Redon, Monet, Mitchell, Rothko et Zao Wou-Ki, pour ne citer que les plus essentiels à mes yeux. 

De ces années, où j’ai exercé mon activité de conteur, est resté ancré en moi un goût très prononcé pour ces univers oniriques qui baignent encore et toujours mon imaginaire. 

Je traduis, en peinture, ce monde  fantasmagorique qui ne peut se dissocier de cette partie intime de l’enfance qui subsiste si longtemps en chacun de nous. 

Le geste dans mon travail pictural

Peindre, pour moi, c’est vivre le dialogue qui s’installe entre mon intention de départ et ce qui jaillit au fur et à mesure. C’est être, en permanence, à l’écoute de mon intuition.

Peindre, pour moi, c’est me laisser aller vers la sensation pure, et me laisser inviter alors à toucher l’indicible et l’invisible, ce que je nommerais la dimension spirituelle.

Une véritable alchimie intérieure se produit alors à allier l’acquis et la découverte, le connu et l’inconnu. Parmi les astuces et habitudes que propose le travail pictural, j’ai toujours le désir de me laisser surprendre par du nouveau, et de ne pas me laisser enfermer par ce qui pourrait s’apparenter à une forme de récurrence : j’ai  un goût sans cesse renouvelé pour la liberté !

Sur la toile, je me laisse aller à ce qui me traverse, tout en utilisant les « accidents » qui surviennent, comme autant de pistes permettant de sortir des habitudes, et de prendre un autre chemin que celui voulu au tout début. 

Certaines de mes toiles sont exécutées rapidement, car peintes d’instinct : je peins vite dans ces moments-là. Et parfois, certaines oeuvres se trouvent « abouties » dans l’instantané : une magie s’est opérée, presque malgré moi. Je me demande même si c’est bien moi qui tenais le pinceau, et cela me procure un moment de grande jubilation personnelle !

D’autres me demandent plus de patience, plus de continuité dans les étapes qui les construisent : les couches successives d’huiles diverses viennent s’enrichir mutuellement pour produire à la fois de la densité mais aussi de la légèreté sur la toile. 

Dans cette pratique d’un certain labeur, se creuse le sillon de ma quête d’essentiel, je pourrais même dire de l’Essentiel.

 

La couleur dans mon travail pictural

La couleur a une place très privilégiée dans mon travail. 

Je souhaite communiquer par le biais de la couleur une sensualité très vaste reposant sur une intensité chromatique, et à travers elle, faire émerger, des sensations, et des émotions où force et subtilité peuvent se rejoindre sans s’opposer.

Mon rapport à la couleur est instinctif, ma palette se construit directement en interagissant avec la toile, elle est très peu préméditée. L’importance des nuances de teintes, des contre- valeurs où les contrastes peuvent se stimuler et s’enrichir constituant ainsi un « terreau », la matière picturale, au cœur de laquelle je chemine avec bonheur

 

L’espace, la toile, dans mon travail pictural

…et mes sources privilégiées…

 

Mon rapport à l’espace guide mon travail, ceci étant relié à l’intérêt que je porte au langage pictural chinois et japonais, où le vide et le plein invitent à une respiration contemplative. Ma volonté de trouver l’équilibre dans l’espace de la toile, me pousse à explorer les contraires, tant dans les formes suggérées que dans les teintes utilisées. 

Je me trouve toujours dans une recherche de rythmes variés où l’efficacité du geste vient habiter ce plein fait de vide. 

… A ce propos, j’aimerais citer François Cheng (Vide et Plein)

« Le Vide n’est pas seulement l’état suprême vers lequel on doit tendre; conçu comme substance lui- même, il se saisit à l’intérieur de toutes choses, au cœur même de leur substance et de leur mutation. Le Vide vise la plénitude. C’est lui en effet qui permet à toutes choses « pleines » d’atteindre leur vraie plénitude.» ou encore, « [...] Partout le plein fait le visible de la structure, mais le Vide structure l’usage. » François Cheng (vide et plein)

De l’origine de ma formation graphique, le besoin du signe reste gravé en moi, je l’ai confronté ensuite à la force des calligraphies d’Orient et d’Extrême-Orient. 

Ainsi que le disent les calligraphes chinois : « la concentration est réciproque. La lettre dans son mouvement trace l’artiste ».

L’inspiration de la nature est aussi essentielle dans ma recherche picturale. Je ressens à quel point la traduction de paysages intérieurs, et de paysages extérieurs, porte en elle un effet miroir avec la nature de l’homme.

La musique continue de prendre aussi toute sa place dans ces moments de création. Je ne peux peindre sans elle, sans cette présence de fond qui rythme mon geste, mes élans dans le choix des couleurs. Elle fait surgir des émotions profondes et me soutient pour les traduire sur la toile.

Mon univers pictural naît ainsi de sensations fortes, vives et subtiles à la fois. Il est ponctué de signes virevoltants, de formes à peine suggérées, de lignes d’horizons escarpées, où l’esprit peut voyager sans jamais être enfermé ou replié sur lui-même. 

 

La photographie

Mon travail photographique vient enrichir cette quête faite de matière, de couleur, de lumière, de mouvement et d’espace

Je cherche à partager une impression ressentie plutôt qu’à figer la réalité que je perçois et que je suis en mesure de saisir sur un cliché. 


En résumé….  

Mon intention profonde est de laisser une grande place à la vision de l’autre qui découvre, regarde, contemple, afin qu’il puisse, ainsi,  aller à la rencontre de ce que je nommerais l’intime de soi… du Soi.

J’aime stimuler cette résonance dans la trame du vivant de chacun… là où la vie se fait information et vibration sur tous les plans, se reliant, se déliant, et se reliant à nouveau… 

… que chacun puisse se trouver à l’unisson de son propre rythme, se laisse porté par ce qui le traverse à ce moment là, à l'écoute de sa musique intime ...

"Si il y a une oeuvre ultime à accomplir, 

que cela soit celle de notre vie"



Une autre facette de mon expression...

" La  couleur vive au bout du nez, se moquer chaleureusement de soi, 
 jouer à se prendre au sérieux... 
un Jeu d'enfant ! "


Clin d'oeil ...

Le Gilles de Watteau

au musée du Louvre

 Le Gille (avec ou sans majuscule) est un ancien personnage de la comédie burlesque, du nom de Gilles le Niais, acteur du théâtre de la Foire, représentant le type du niais. Par métonymie, désigne une personne costumée comme le personnage, notamment à l'occasion d'un carnaval, un acteur jouant ce rôle, ou quelqu'un qui a l'air et le maintien d'un niais. Le titre Le Gille ou Gilles a été donné anciennement au tableau de Watteau (aujourd'hui portant le nom de Pierrot) représentant un jeune homme costumé, l'air perdu...

 ... le gille est un personnage qui se hâte constamment et qui se comporte selon les circonstances tantôt comme un naïf trop généreux, tantôt comme un astucieux fraudeur ou trompeur habile. 



Mozaïk

en scène 


 

Mozaïk



Mimo'z

Festival International du Mîme à Périgueux 

"Un Tango pour Botéro",    avec Clochette et Mozaïk                           (Dordogne) 2006